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Something about Marie
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14 juin 2005

L'envie

Au bac à sable, déjà, le petit d'homme se montre très peu enclin à se contenter de ce qu'il possède. Il est là, il tapote gentiment le fond de son seau avec sa pelle ; sa maman le couve du regard, prête à dégainer le kleenex (la morve au sable, elle n'aime pas maman...) ; le monde tourne au rythme de ses tremblements de lèvre inférieure. Il sait qu'il sera nourri avant la faim, que la triple épaisseur de coton imbibé de pisse et les élastiques "là" le garantissent de toute intrusion silicée (malheureusement pas des oxyures, mais c'est une autre histoire) et qu'un jour viendra où il flinguera papa pour épouser maman. Il devrait être heureux.
Il suffit cependant que débarque un autre lardon dans l'idyllique tableau, pour que le petit d'homme fonde un fusible et exige scéance tenante la pelle rouge de l'intrus. Quoi la bleue est bien aussi ? Tu rigoles ? Il VEUT la rouge.
La vie du petit d'homme ne sera qu'une succession de ces instants de frustration intense. Le petit d'homme a toujours une pelle rouge après laquelle courir.

D'où vient-elle, l'envie ? Le besoin, j'ai bien compris le concept. Si tu ne l'assouvis pas, tu meurs. Ou tu exploses, ce qui n'est pas beaucoup plus réjouissant. Mais l'envie, hein, d'où elle vient  ?
Tu passes ton temps et ton énergie à te construire une vie pas trop désagréable là où tu te trouves. Un appartement joliment décoré avec des géraniums sur le balcon, un boulot gratifiant, des enfants brillants et bien élevés, des potes marrants... Et subitement, l'envie d'être ailleurs te prend, te retourne et en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, tu es prêt à jeter aux orties tout ce pourquoi tu t'es battu jusque là.
Tu es sûr de toi, tu sais ce que tu vaux, tu marches la tête haute et le claquement du talon sonore dans la rue. Tu t'aimes bien. Soudain, tu croises l'intrus du bac à sable et sans que tu saches pourquoi, tu a terriblement envie de ses godasses, son mec, son boulot, sa vie. Toi, à côté, tu trouves que tu pues.
Tu sors de table et tu as les dents du fond qui baignent. Tu as tassé le tout avec une bonne Marlboro rouge et fait sauter le premier bouton de ton 501. Tu te dis que rien jamais ne pourra plus entrer dans ton estomac. Tout à coup, la télé te susurre à l'oreille que rien, décidément ne vaut une glace Hägen Dasz. L'envie balaye tout sur son passage, y compris la perspective de sangloter demain matin, quand ta balance t'annoncera d'un voix désincarnée que tu as ... pris ... 500 ... grammes ... depuis la dernière pesée.
Tu as juré devant Dieu (ou toute autre autorité équivalente) que le prochain mec que tu laisserais dégraffer ton soutif' serait le réanimateur de la maison de retraite où tu ne manqueras pas de finir tes jours. Le célibat est ton crédo, les hommes, tous des salauds d'éjaculateurs précoces. D'ailleurs, elle est pas belle, ta vie de célibataire ? Tu peux garder tes chaussettes au pieu, y laisser autant de miettes de biscottes que tu veux, chialer en matant le téléfilm de l'été sur la une. Tu n'abandonnerais ces privilèges pour rien au monde, hein ? Attends que le premier clampin un peu musculeux te passe sous le nez et tu verras, le pouvoir de l'envie. Elle raccourcira tes jupes, mettra le feu juste en dessous et tu ne tarderas pas à danser sur les cendres de tes belles promesses.

Ça me désole de l'avouer, mais depuis le bac à sable, je n'ai guère évolué...

Des bises

Marie

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Commentaires
A
Pt'ain, mais m'appelle pas mon biquet, je vais me faire engueuler bordel !<br /> Je suis en formation figure toi. ET j'ai pas vraiment le temps de faire le malin sur internet si tu vois ce que je veux dire.<br /> Ton fils va mieux ?
M
Kadabra, mon biquet, mais t'étais où ? Tu m'as drôlement manqué...
A
Marie, t'écris drolement bien.<br /> Pourquoi tu ne fais pas un blog ? hein ?
S
Comme tu as raison ! et comme tu l'exprimes bien ! Mais on se fatigue à envier les autres, un jour on comprend qu'il vaut mieux devenir soi, se contenter de ce que l'on a, sans se rendre malade de ce que l'on aura pas. On a autre chose, que d'autres n'auront pas forcément... Ainsi va le monde !
A
bon évidement pour le commentaire très intellectualisé, voire limite concept je ne postulerai pas aujourd'hui (ni demain d'ailleurs) mais juste une ptit mot pour te dire que ta note m'a donné un grand sourire, finalisé en rire..et çà c'est dejà pas mal :)
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