Mum's back on the track
On a fait des bonds en se tenant les mains et on a rit HAHAHAHA, tête renversée et bouche bée. Puis, on a fabriqué une pizza géante qui ne tenait même pas dans le four, mais on ne l'a pas mangée parce que pendant qu'elle cuisait, on s'est gavés de smarties.
Bon, c'est sûr, il a fallu téléphoner à tout le monde pour dire que oui oui, tout va bien, il est là maintenant, la paire est reformée, on oublie qu'il est jamais parti.
Après, on a regardé deux fois d'affilée le dévédé de Tom et Jerry, juste pour insulter cette purée de souris qui pourrait tout de même se laisser bouffer de temps en temps. Et quand on en a eu marre, on a fait une course de voitures téléguidées partout dans la maison, même qu'il faisait exprès de me rouler dessus pour que je perde et que je faisais exprès de me laisser rouler dessus parce que j'aime ses yeux quand il gagne.
Quand les voisins ont cogné au plafond pour signifier que c'est bon maintenant, ça a assez duré votre bordel, on est partis, à la nuit tombante, se promener au bord du canal pour écouter les grenouilles. Il y en avait qui disaient : "ouétu ouétu ouétu" et on leur disait : "il est là, pas de souci, il est rentré et tout va bien".
A la fin, on était fatigués et ses sandales faisaient floc floc à cause des flaques de gadoue dans lesquelles on avait sauté. Il a grimpé sur mon dos et on est rentrés tranquillement chez nous, dans l'air vibrant de moustiques et sous les hourras des grenouilles.
Avant de que je ne tourne dans la grand-rue, il s'était endormi lourdement sur mon épaule. Mes bras se sont souvenu brutalement de leur dure condition de réceptacle à gros bébé.
Je l'ai couché dans mon lit, parce que cette nuit là, j'avais besoin de le regarder longuement marmonner, froncer les sourcils et rire en silence dans son sommeil.
En quelques minutes, il avait repris toute sa réalité et moi toute ma place. Le mois de juillet n'est plus qu'un vilain souvenir... jusqu'à l'année prochaine.
Des bises
Maman Marie