L'homme nouveau est arrivé
Je suis larguée. Paumée. Ahurie. Je ne comprends plus rien.
Il n'y a encore pas si longtemps, quand je rencontrais un gars plaisant, deux solutions s'offraient à moi : il était intéressé, s'arrangeait pour me le faire savoir d'une manière ou d'une autre et tout allait bien dans le meilleur des mondes ; il n'était pas intéressé, s'arrangeait pour me le faire savoir d'une manière ou d'une autre et tout allait bien dans le meilleur des mondes. Les choses étaient claires et simples, on pouvait consacrer son énergie intellectuelle à tout un tas d'autres trucs passionnants.
Mais tout a changé. En 10 ans de retrait du marché de la fesse (hoallé, quoi, faites pas cette tête, c'est quand même bien de ça qu'il s'agit, non ?), j'ai pris un retard considérable, que je crains de n'être jamais capable de rattraper.
L'homme a changé et pas moi (le tout premier qui émet le moindre commentaire à ce sujet finit à l'hosto).
Un exemple ? Mais des tas, si vous voulez. Non, juste un ? D'accord.
J'ai fait la connaissance, il y a quelques semaines, d'un garçon bien sous tous rapports. Bien élevé, gentil et attentionné, pas de tares apparentes et (visiblement) normalement constitué du citron. Même pas la peine d'en faire des tonnes, je lui tombe dans la main, cuite à point, dès la fin du dîner.
Bon, bien sur, je sais me tenir, hein !? Je ne lui ai pas bave sur les Weston, je ne me suis pas aggrippée à la jambe de son pantalon, je ne lui ai pas ouvert tout grand mon chemisier. Bref, je n'ai rien fait qui puisse le traumatiser, sachant bien combien il est facile de les faire fuir, ces petites bêtes là.
Depuis, quasiment pas de nouvelles. Moi, bien sur, je me suis posé un milliards de questions, je me suis montée le bourrichon et j'en ai tiré la seule conclusion possible : j'avais foiré le grand oral.
Ce week end, je m'en suis ouverte à la Milousette et à Vee. Ah, ça, elles ont bien rigolé !! Visiblement, j'ai tout faux. Mais à un point que je devrais sans doute en rougir. Selon elles, le gars joue tout simplement à court après moi que je t'attrapes. Il laisse aller la ligne pour que je morde plus fermement à l'hameçon. Il attend que je lui lèche l'arrière des baskets et quand il m'aura suffisamment fait lanterner, il daignera peut-être me jeter deux ou trois cacahuètes. D'ailleurs, c'est bien connu de tout le monde, les filles qu'on peut avoir sans efforts ne valent même pas la peine qu'on se retourne sur elles.
Qu'il aille au diable, leur ai-je répondu. Je ne mange pas de ce pain-là, moi. Que nenni. Je vais de ce pas voir ailleurs.
Ben oui, mais visiblement, ils ont tous appris les règles du jeu. Il va donc me falloir en passer par ce mode de relations à la con si je ne veux pas finir au Carmel.
Bon, alors allons-y : ne répondons plus aux mails dès réception, n'acceptons plus les rendez-vous, faisons-nous désirer, levons ironiquement le sourcil à la moindre évocation d'un rapprochement cutané, prenons un air ennuyé quand il nous supplie de relever légèrement le talon aiguille qu'on a négligeament planté dans sa carotide, bref : LET US BE BITCHES.
Sauf que merci, mais non merci. je préfère encore le Carmel.
Des bises
Marie
PS : bon, alors, je te vois venir, toi là-bas, tu vas certainement dire que ça a un rapport évident avec le fait que je n'ai plus les mêmes atouts qu'à 20 ans. Je te merde.