Y'a des Martins comme ça...
Martin fait comme qui dirait partie de la famille. A 18 ans, la Milousette a fréquenté assidûment ses cours d'éducation sexuelle pendant 6 mois et a fini par le recycler en meilleur pote. Depuis, Martin est de toutes les communions, les baptêmes et les mariages. Il coupe la dinde àThanksgiving, offre des fleurs àTamère pour son anniversaire et s'entend avec mamie comme larrons en foire.
Quand j'ai le moral en berne, j'appelle Martin et il me fait rire aux larmes. Quand ma voiture est en panne, Martin fait le taxi, sans les propos racistes et le sapin qui sent bon. Quand Nat veut jouer au foot, Martin apporte son ballon et accepte les tortures du petit animal sans broncher. Quand je suis d'humeur Rotteweiler, Martin se laisse mordre les mollets, prête le flanc à ma méchante rogne ; tout juste s'il ne dit pas merci quand j'ai fini.
Bref, Martin est un petit peu amoureux de moi et j'en profite honteusement.
L'autre soir, Martin a débarqué sans crier gare avec une bouteille de calva. Moi, j'avais à mon actif une réunion qui avait failli dégénérer en bagarre générale, une énième prise de tronche avec mon ex, des factures plein la boite aux lettres et des hormones en furie qui me jouaient Mabrough s'en va t'en guerre dans le bas du ventre.
Martin s'est assis à coté de moi sur le canapé et on a parlé de tout et de rien. Quand la bouteille a été à moitié vide, Martin s'était sensiblement rapproché et j'avais les yeux en accent circonflexe. Quand la bouteille a été au trois quart vide, Martin avait passé son bras autour de mon cou et je ne me souvenais plus de mon nom. Quand la bouteille a été vide et sèche, Martin explorait le fond de ma gorge avec sa langue et je savais chanter la Marseillaise en Polonais. Mais pas en même temps.
Cette nuit là, Martin et moi avons pété un pied de mon sommier. Je ne peux pas honnêtement dire que je me souvienne de tous les détails, mais au réveil, ma première impression était excellente. La seconde moins : je venais de coucher avec l'ex de ma soeur, ce qui revenait dans mon esprit à coucher avec ma soeur. Juste une question de timing.
Ce soir, il m'a fallu un pack entier de 1664 pour avouer ça à la Milousette. Depuis, elle est prostrée sous la douche et je n'arrive pas à la décider à en sortir. Dans 2 heures j'appelle les urgences psychiatriques.
Des bises
Marie