Et Toc !
Entre autres gros défauts, je suis frappée depuis toujours d’une pathologie que, sans jeu de mot grossier, j’affectionne tout particulièrement. Je suis obsessionnelle et j'aime ça. Je tiens plus qu’à ma vie à de petits rites idiots, mais qui rythment agréablement ma vie.
Je suis par exemple incapable de me rincer les dents à l’eau froide. Ni à l’eau chaude, d’ailleurs. Non, non, elle doit être tiède juste ce qu'il faut. Je n’enfile jamais ma chaussure gauche en premier. Jamais. J’ouvre le portail électrique avant que le voyant de préchauffage de ma voiture soit éteint. Pas après, ça gâcherait ma journée. Je me lave les cheveux les mercredis et dimanches. Je vérifie le courrier deux fois par jour, même si je sais pertinemment que le facteur ne passe qu’une fois (même s’il sonne parfois deux). Je lis au toilette, de la note explicative de mes tampax aux avertissements sécuritaires de la bombe à prout ; sans ça, je suis improductive. J’arrose toujours mes plantes dans le même ordre : le spatiphylum en premier et l’avocat en dernier. Je retiens ma respiration en passant devant un cimetierre et je lève les pieds aux passages à niveau (ce qui n’est faisable qu’en voiture sous peine de prendre un abonnement chez videogag). Je dors en chien de fusil, toujours du côté gauche, les mains jointes sous le menton et la couverture remontée jusqu’au nez. Je suis incapable de m’endormir en faisant dépasser un bras ou une jambe du lit. J’accorde toujours mes chaussettes à mon pull. Je ne sais pas faire pipi dans le noir et je ne suis pas loin de la crise de panique si on me parle en même temps. Je vais embrasser mon fils 2 fois avant d’aller me coucher et je n’oublie jamais de lui chuchoter que je l’aime plus que tout, au cas où je mourrais dans la nuit. J’ai une peur panique qu’on me croit sale et je me récure les oreilles tous les matins et tous les soirs. Chaque matin, je choisis un mot qu’il ne me faudra ab-so-lu-ment pas prononcer dans la journée, sous peine de... de je ne sais pas quoi, d’ailleurs, mais il ne faut pas. Je raconte mentalement ma journée à ma soeur juste avant d’éteindre la lumière. J’imagine en permanence que quelqu’un dont le jugement m’importe m’observe sans que je le vois. Ca peut être alternativement mon papa, mon amoureux du moment ou même l’un d’entre vous.
Je pourrais en tartiner des pages et des pages, pour illustrer à quel point je suis secouée, mais je vais m’arrêter là : je crains de vous faire peur.
Maintenant que vous me connaissez un peu mieux, me croyez-vous perdue pour la vie de couple ?
Des bises
Marie