Something about Marie

J'ai passé tout 2004 à polluer mon entourage de mes considérations oiseuses. 2005 est l'année de l'élargissement : je pollue la toile !

07 septembre 2005

Y'a de la rumba dans l'air !

Du lever au coucher, cette journée aura été placée sous le signe de la castagne et des deux pieds dans la zut. Bon, je ne vais pas vous refaire le coup du réveil catastrophe à 8h15 pour partir à 8h20, c'est un classique chez nous. De même, je vous épargnerai les efforts surhumains qu'il m'a fallu déployer pour ne pas choper l'emplâtre qui me sert de fils par le revers du pyjama et lui décoller la pulpe du fond du caleçon pour qu'il s'enfile vite fait son cacao sans le répendre sur la table et qu'il bouge ses petites fesses plus vite qu'un limaçon sous bromazépam et qu'il saute dans ses fringues. Non, non, vous m'accuseriez de vous raconter sans cesse la même histoire.
C'est pour la même raison que je vous passerai les douze aller-retours et demi dans les escaliers parce que j'avais oublié mon portable dans un premier temps, mes clés de voiture dans un second, mon badge ensuite et tout à la fin mon portable, que j'étais sûre d'avoir laissé sur la table basse en tentant de récupérer le sac d'école de Monstrux sous le canapé, pour me rendre compte à mi chemin que je l'avais dans la main.
Non, je vais commencer le résumé de cette fête du Grand Merdier par la première baston.
Je largue le Nathasamère au bagne pile au son de la cloche de rentrée, soulagée de ne pas avoir, pour une fois, à supplier Cerbère (l'instit' de garde à la grille) de nous déverrouiller sa porte des Enfers. Nath, que j'ai stressé depuis le réveil pour qu'il mette le turbo, m'embrasse dans le vide et file comme un gardon en omettant de dire bonjour dans les règles au geôlier en chef. La grosse garce, rapide comme l'éclair et outrée de ce manque de considération, le chope au vol par la capuche et je peux entendre le misérable glouirg émit par mon fiston, dont la course et la respiration sont stoppées tout net. Bon, autant vous le dire tout de suite, je ne lui ai pas pété la tête, mais c'est uniquement parce que c'est contre ma religion. En revanche, je n'ai pas tendu la joue gauche de mon fils. J'ai saisi la grosse par sa jupe plissée et je l'ai traînée chez le Directeur où j'ai mis une souk, mes amis, on serait cru à la criée du Vieux Port.

Quand j'ai eu fini de dézinguer la vermine de l'Education Nationale, j'ai tenté d'assassiner les milliers d'automobilistes qui se massaient sur mon chemin. Je me souviens d'une en particulier, à qui j'ai appris un peu rudement le bon usage du clignotant en agglomération. Elle pensera sans doute à moi à chaque intersection, désormais.

En arrivant au bureau, j'avais tellement grogné, beuglé, juré, insulté et couiné, que quand j'ai dit bonjour aux collègues ma voix avait des relents de fourchette sur l'arcopal.
A la machine à café et alors que mon taux d'adrénaline le disputait à ma tension artérielle, j'ai dû m'enfoncer profondément les ongles dans la paume de la main pour ne pas éclater la vitre du distributeur Selecta avec la tête de Sandrine. Je me suis dit finalement que le pauvre distributeur ne méritait pas un tel traitement et qu'après, il faudrait bouffer tout le chocolat qu'il contenait et que ça, mon régime ne le supporterait pas.
Dans la matinée, j'ai allumé un petit con de manager du Marketing, qui insultait sa secrétaire au beau milieu de l'open space. Soit, la pauvre fille n'est pas réputée pour la fulgurance de son jugement, mais la traiter d'abrutie de blonde de merde devant tout le monde justifiait à mes yeux qu'il essuie la beuglante du siècle. Et tout l'étage en a profité.
Au déjeuner, la caissière de la cantine a refusé de me compter le menu à 2€ parce que j'avais remplacé le yaourt aux fraises par un yaourt nature. J'ai bien essayé de lui faire entendre raison, d'abord avec une pointe d'humour, puis en me fâchant, en vain. Le temps de parlementer, la queue derrière moi atteignait les 20 mètres. Je suis donc allée chercher un yaourt au fraises, l'ai décapsulé et écrasé sur son comptoir. Je n'ai pas mangé de dessert, mais pinaise, c'était bon !!
Au staff meeting, alors qu'en général je laisse mon équipe somnoler gentiment, il m'a pris l'envie de les secouer tous par les pieds pour en faire sortir les idées. J'ai sifflé dans mes doigts comme un charretier pour réveiller ce gros tas de larves ; Kim en est tombée de sa chaise. Depuis, elle m'évite comme si j'étais entourée d'un champs de force.

Le père du Nathasamère a constitué ma dernière et meilleure victime. J'avais laissé passer quelques sujets de frittage ces derniers jours, mais je me suis bien rattrappée ce soir, après un énième provocation (il faut bien l'avouer, un truc mineur dont je ne me souviens même plus). D'habitude combatif, il n'a pas moufté devant le déferlement de ma rogne. Quand j'ai eu fini, j'avais l'impression d'avoir vengé des années d'ingestion de couleuvres.

Et puis voilà, ce soir, Nath s'est allongé sur le canapé, la tête sur mes genoux et j'ai laissé gentiment retomber la vague de bile qui m'avait submergée ce matin. On a lu un Pomme d'Api, fait des jeux de mots foireux et ricané comme des nouilles.
Maintenant j'ai du mal à comprendre quel démon m'a agitée toute la journée...

Allez, sans rancune et des bises

Marie

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30 août 2005

A black fly in your Chardonnay

C'est toujours quand tu commences à trouver que la vie à le goût de la confiture de roses, que le soleil donne tout juste un joli reflet abricot à tes avant bras et une mine appétissante à ton fiston, que ta nièce te tend enfin les bras au réveil, que tes côtes tirent un peu à force de rigoler, que tu n'es petit à petit plus réglée comme une métronome pour te réveiller à 8 heures tapantes, que les cercles noirs autour de tes yeux s'estompent peu à peu, que tu ne composes plus systématiquement le 0 avant chaque numéro de téléphone, que tes pieds s'entendent à merveille avec tes sandales, que ton portable est enfin mort dans un dernier biiip déchirant, que tu te dis que tu es fait pour cette vie de débauche et d'orgie et que tu te résouds enfin à te payer une carte d'abonnement au centre aquatique de Woolwich, qu'il faut tout ré-empaqueter, re-traverser ce putain de bras de mer à la con et réintégrer ta banlieue pourrie.

Isn't it ironic ? Ta gueule, Mauricette...

Des bises et hop, au boulot.

Marie

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27 juillet 2005

Reconversion

Alors, ça va mieux, merci.
Mais je jure devant Dieu et Sa Sainte Garde que si on m'impose encore dans la même journée un contrôle d'identité effectué par un flic bègue, moustachu et sentant l'ail juste après le petit-déjeuner, une réunion de département dans le seul bâtiment non-climatisé du site à l'heure la plus chaude de la journée, l'annonce de la démission de R. qui passe à l'ennemi, le talon de mes escarpins fétiches qui foire sur le marbre de la Direction Générale et se fend par le milieu, les emmerdes de fric de l'hôte de ma tête, la caissière du Super-U qui me rend ma carte bleue en secouant négativement la tête alors que putain la paye c'est que dans deux jours, le super-sans-plomb étiqueté comme le diesel et dont j'ai rempli le réservoir de ma Clio... diesel au trois-quart, un dîner avec le loser qui me sert d'ex (hé, elle est pas de moi celle-là, c'est un bon ami qui en revendique la paternité), je m'arrange pour qu'il ne ressorte de mon bilan de compétence que les qualités requises pour me reconvertir en tueur psychopathe.

Et le premier qui doute que tout ça se soit déroulé dans une seule et même journée, me demandant de lui fournir toute preuve disponible, JE LUI PÈTE LES DENTS !!! On est bien d'accord ? Merci.

Des bises. Et puis non, tiens, pas de bise. Et toc !

Marie

Ta gueule, toi.

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19 juillet 2005

Cocktail

Quand, dans un shaker, on mélange un soleil de plomb sur une peau de rousse, beaucoup d'alcool, des tonnes de chocolat, beaucoup d'alcool, une énorme pizza aux pepperoni, un joli petit anglais qui fait la grève du rasoir, beaucoup d'alcool, très peu de sommeil, un beau-frère ivre qui vous maintient la tête dans le gazon sous prétexte de vous faire mourir de chatouilles, beaucoup d'alcool et un démaquillage plus qu'aléatoire pendant 5 jours, on obtient un cocktail détonnant : ma tête ce matin dans le miroir.
Entre les boutons et les tâches de rousseur, je pourrais presque jouer à relie-les-points et j'aimerais bien que les filles puissent se laisser pousser la barbe, tiens !

Vindiou, je déteste les retours...

Des bises, rhô, faites pas cette tête, c'est pas contagieux !

Marie

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12 juillet 2005

Blast from the past

Entrée de plein pied dans la phase du mois intitulée "au-point-où-j'en-suis-autant-être-à-découvert-pour-quelque-chose" (c'est, pour les curieux, celle qui vient juste après "quand-je-pense-qu'il-va-falloir-tenir-quatre-semaines-avec-cette-misère" et juste avant "dix-ans-de-ma-vie-pour-qu'ils-virent-ma-paye-une-deuxième-fois-par-erreur-c'est-au-moins-ce-qu'il-faudrait-pour-combler-le-trou"), j'avais traîné Marion ce midi, histoire de faire jouer, entre mon compte en banque et mon moral, les vases communicantes.
On a presque couru chez Indies, mon digne Prozac de substitution, siège de toutes mes folies financières et vestimentaires. Je n'ai pas eu besoin de farfouiller bien longtemps avant de tomber sur la robe de mes rêves. Un amour de petit chiffon de soie sauvage, un truc du style qui te caresse dans le sens des poils et qui te donne l'impression d'avoir été subitement réincarnée en Reine du Monde. Je l'ai laissée sur le portant, bien décidée à retourner la chercher quand je me serais assurée que le Malin n'avait pas pondu à mon attention, la paire de chaussures qui l'accompagneraient à merveille.
J'y étais très occupée, quand une voix du passé, à mi-chemin entre le canard poitrinaire et la poissonière du Vieux Port, m'a stoppée net. Du fond de la boutique, j'ai tout de suite su que c'était elle. L'insupportable pot-de-colle que mes très peu charitables amies et moi avions surnommée Pierre le Grand, rapport au vilain acné qui lui faisait comme autant de cicatrices de petite vérole. L'indécrottable première de la classe que nous martyrisions avec autant de plaisir que j'en éprouve de honte aujourd'hui. La malheureuse tête de turc de nos 16 ans, qui n'avait pour seul tort que d'être affublée des jambes les plus courtes de l'histoire de l'anatomie moderne, ce qui lui faisait un pot d'échappement étrangement près du gazon. Véronique, que nous avons torturée de bon coeur 3 années durant, sans qu'elle émette la moindre plainte.
Elle est sortie de la cabine d'essayage avant que je n'ai eu le temps de me planquer sous un portant. Plaf, nez à nez, qu'on est tombées. J'ai souri, un peu crispée, attendant l'aller-retour qu'elle aurait légitimement pu me coller, après toutes mes vilénies ; elle s'est jeté dans mes bras. Elle avait tout oublié. Bon, c'est sûr, ses jambes n'avaient pas poussé d'un centimètre en 15 ans ; mais elle avait fait table rase du passé, authentiquement persuadée qu'on était les meilleures amies du monde à l'époque.  Ça m'a fait chaud au coeur.
Sauf que quand les effusions sont retombées, je me suis rendu compte qu'elle portait MA robe. Et bien je vous jure qu'il m'a fallu une dose surhumaine de repentir et de charité chrétienne pour ne pas lui dire qu'elle lui allait comme des souliers vernis à un cul-de-jatte.

Des bises

Marie

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06 juillet 2005

Meutre de chambre close

Elle m'a réveillée en sursaut à quatre heures du matin. Elle tambourinait aux carreaux de ma chambre à grands coups de poings. J'ai fait mine de ne rien entendre et n'ai pas bougé d'un pouce. Ça l'a rendue furieuse ; elle a foncé sur le lit, hurlant dans mes oreilles, frappant mon front, mes joues et le gras de mes bras. J'ai remonté mon drap jusqu'au menton et plaqué mon oreiller sur ma tête, espérant qu'elle se découragerait et me laisserait finir ma nuit. C'était sans compter la pugnacité de cette méchante.
Pendant 20 minutes, je l'ai entendue tourner autour du lit, marmonnant des imprécations maléfiques et incompréhensibles, évidemment exaspérée par mon manque de réaction. Subitement, elle est passée à l'attaque. Elle s'est jetée sur moi comme une enragée et m'a mordue jusqu'au sang à plusieurs reprises. Puis, comme prise d'un remords aussi soudain que sa fureur, elle a passé sur mes plaies un peu de son remède anticoagulant.
A mon tour, la colère m'a saisie. Je me suis levée d'un bond, nue comme un ver et j'ai saisie la première massue improvisée qui me tombait sous la main : le dernier Télérama. Je l'ai poursuivie pendant plus d'un quart d'heure dans tout l'appartement, poussant des râles de haine pure. Nous nous somme arrêtées simultanément pour reprendre notre souffle et, alors qu'elle s'était appuyée, frêle et haletante, sur le mur immaculé de l'entrée, j'ai abattu mon arme. J'y ai mis tellement de force, sans doute mue par une colère aveugle, que ses tripes ont giclé sur près d'un mètre.
Sans l'ombre d'un remord pour mon crime, je suis retournée me coucher.

Ce matin, elle s'est rappelée à mon souvenir, la garce. Je suis pleine de boutons surinfectés et bonne pour lessiver le mur, encore couvert de son cadavre sanguinolant. Je hais ces putains de moustiques.

Des bises, mais ouille, vas-y doucement, ça picote ça picote...

Marie

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07 juin 2005

L'homme nouveau est arrivé

Je suis larguée. Paumée. Ahurie. Je ne comprends plus rien.
Il n'y a encore pas si longtemps, quand je rencontrais un gars plaisant, deux solutions s'offraient à moi : il était intéressé, s'arrangeait pour me le faire savoir d'une manière ou d'une autre et tout allait bien dans le meilleur des mondes ; il n'était pas intéressé, s'arrangeait pour me le faire savoir d'une manière ou d'une autre et tout allait bien dans le meilleur des mondes. Les choses étaient claires et simples, on pouvait consacrer son énergie intellectuelle à tout un tas d'autres trucs passionnants.
Mais tout a changé. En 10 ans de retrait du marché de la fesse (hoallé, quoi, faites pas cette tête, c'est quand même bien de ça qu'il s'agit, non ?), j'ai pris un retard considérable, que je crains de n'être jamais capable de rattraper.
L'homme a changé et pas moi (le tout premier qui émet le moindre commentaire à ce sujet finit à l'hosto).
Un exemple ? Mais des tas, si vous voulez. Non, juste un ? D'accord.
J'ai fait la connaissance, il y a quelques semaines, d'un garçon bien sous tous rapports. Bien élevé, gentil et attentionné, pas de tares apparentes et (visiblement) normalement constitué du citron. Même pas la peine d'en faire des tonnes, je lui tombe dans la main, cuite à point, dès la fin du dîner.
Bon, bien sur, je sais me tenir, hein !? Je ne lui ai pas bave sur les Weston, je ne me suis pas aggrippée à la jambe de son pantalon, je ne lui ai pas ouvert tout grand mon chemisier. Bref, je n'ai rien fait qui puisse le traumatiser, sachant bien combien il est facile de les faire fuir, ces petites bêtes là.
Depuis, quasiment pas de nouvelles. Moi, bien sur, je me suis posé un milliards de questions, je me suis montée le bourrichon et j'en ai tiré la seule conclusion possible : j'avais foiré le grand oral.
Ce week end, je m'en suis ouverte à la Milousette et à Vee. Ah, ça, elles ont bien rigolé !! Visiblement, j'ai tout faux. Mais à un point que je devrais sans doute en rougir. Selon elles, le gars joue tout simplement à court après moi que je t'attrapes. Il laisse aller la ligne pour que je morde plus fermement à l'hameçon. Il attend que je lui lèche l'arrière des baskets et quand il m'aura suffisamment fait lanterner, il daignera peut-être me jeter deux ou trois cacahuètes. D'ailleurs, c'est bien connu de tout le monde, les filles qu'on peut avoir sans efforts ne valent même pas la peine qu'on se retourne sur elles.
Qu'il aille au diable, leur ai-je répondu. Je ne mange pas de ce pain-là, moi. Que nenni. Je vais de ce pas voir ailleurs.
Ben oui, mais visiblement, ils ont tous appris les règles du jeu. Il va donc me falloir en passer par ce mode de relations à la con si je ne veux pas finir au Carmel.
Bon, alors allons-y : ne répondons plus aux mails dès réception, n'acceptons plus les rendez-vous, faisons-nous désirer, levons ironiquement le sourcil à la moindre évocation d'un rapprochement cutané, prenons un air ennuyé quand il nous supplie de relever légèrement le talon aiguille qu'on a négligeament planté dans sa carotide, bref : LET US BE BITCHES.

Sauf que merci, mais non merci. je préfère encore le Carmel.

Des bises

Marie

PS : bon, alors, je te vois venir, toi là-bas, tu vas certainement dire que ça a un rapport évident avec le fait que je n'ai plus les mêmes atouts qu'à 20 ans. Je te merde.

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20 mai 2005

Je hais les gens

J'attends le métro, la moitié d'une fesse reposant à peine sur 1 banc crasseux. La journée sera longue et fastidieuse ; j'aspire à mon heure de vacance cérébrale. C'est ce moment que choisit une folle de Chaillot, dents jaunes et haleine létale, pour venir m'entretenir des prévisions météo à 5 jours et de ce qu'on a plus de saisons, ma pauvre dame. Et bien, je le hais.

3 plombes qu'il m'a fallu hier pour inventer un tout nouveau style de chignon. La vache, j'en étais fière en arrivant en réunion. Bon, c'est sûr, une cinquantaine d'épingles en acier trempé me rentraient dans la boîte crânienne genre multi-brochette, mais c'était du plus bel effet sur la gent masculine du bureau. Ce matin, Sandrine débarque avec le même, mais en mieux fait. Et bien, je la hais.

Le très joli gars du marketing m'envoie un mail fripon qui ferait rougir Brigitte Lahaie. Je m'empresse de lui répondre sur le même ton, sourire en coin et hin hin hin intérieurs. Par-dessus mon épaule, Sandrine n'en perd pas une miette et corrige même une faute d'orthographe. Et bien, je la hais.

J'ai potassé mon argumentaire à fond. Cette année, je vais négocier mon augmentation comme une dingue et faire péter tous les records, c'est moi qui vous le dis. Pas question de me laisser intimider comme la dernière fois, ça va être une tuerie. Au moment où je le tiens au creux de ma main, que s'il s'en relève c'est Steven Seagal, le chef lâche un rot de stentor dans ma face, en joignant l'odeur à la parole. Il m'oblige à remballer mes petites affaires et à me réfugier sous des des auspices qui sentent moins le couscous-boulette. Et bien, je le hais.

Pour me consoler de tout un tas de petits malheurs, je m'offre une séance de shopping. Mais j'ai abusé des donuts au nutella et me voilà coincée dans la cabine d'essayage d'un magasin tendance, bondé de minettes rachitiques, avec un adorable petit pantalon qui ne passera visiblement pas la mi-cuisse. La vendeuse, dans une splendide imitation de Lara Gnangnan sous Maxiton, brame à l'attention de sa collègue à l'autre bout du magasin :"Machine, la p'tite dame é'rent' pu dans l'38, 'y reste la taille du d'ssus ?". Et bien, je la hais.

Je récupère ma voiture au parking souterrain. J'ai un peu sous-évalué la longueur de mon bras pour fourrer le ticket dans la borne, alors j'effectue une jolie manoeuvre de rapprochement. Une espèce de semi-débile sort de sa guérite de gardien de parking à deux balles et me demande, l'air condescendant, si je vais m'en sortir. Je fais le zen en moi et je lui demande s'il aurait osé une pareille question face à un gros moustachu. En réponse, il ricane une blague éculée sur les femmes au volant. J'avais déjà mon permis qu'il échouait à son premier test de QI, ce taré. Et bien, je le hais.

Rendez-vous semestriel chez le guette-au-trou. J'y vais avec l'entrain de Planchette qu'on mène à l'abattoir ; à côté, le dentiste, c'est une promenade en bord de Marne. Comme d'habitude, il me flanque un spéculum glacé là-où-je-pense; comme d'habitude, je le soupçonne de l'avoir collé au congélateur 20 minutes avant la consultation, par pur sadisme. Sentant mon mouvement de recul, il me claque sonorement la fesse en ricanant qu'il faut se détendre, mon petit, c'est tout de même pas de la torture. Et bien, je le hais.

Je suis tranquillement lovée sur mon canapé, à nurser ma Stella toute fraîche et réflechir sur les avantages comparés de la glande par rapport à la flemme. La fenêtre est ouverte sur le chant du merle et le soleil déclinant chauffe encore un bout de salon. Je suis bien. Soudain, mon voisin du dessous, sorti promener la crotte de son chien, se racle la gorge façon Vespa tuberculeuse et en sort un glaviot de la taille d'un placenta. Et bien, je le hais.

Ben oui, je hais les gens. Je n'y peux rien ; j'essaye même de m'amender. Le soir, au fond de mon lit, je fais des prières pour me réveiller le lendemain plus tolérante, moins emportée. Je rêve d'être le clone de soeur Emmanuelle. Mais tous les matins, c'est moi au réveil, de la graine de psychopathe avec des envies de meurtres qui me submergent en vagues régulières. Toutes les 10 minutes environ.
Un jour qui ne sera pas fait comme les autres, je passerai à l'acte, vous verrez, j'en collerai un sous le tram. Même qu'on en parlera à la télé et que mon voisin du dessous y dira que j'étais pourtant une gentille petite dame sans histoire. Et pour ponctuer ça, il crachera par terre, un glaviot de la taille d'un placenta.

Des bises, parce que vous, je vous aime.

Marie

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11 mai 2005

Grand concours de nièce

Provoquée honteusement par Kadabra qui ose insinuer que ma nièce loucherait, j'ai décidé d'inscrire Maddy au grand concours lancé par l'odieux personnage

Prend ça dans les dents, vil oncle incarné !

maddy_sunnies

Alors, elle louche, ma nièce ?

Des bises

Marie

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15 mars 2005

France, t'es les cons !

Eh, les gars, ça m'a repris, ma crise de lettre de réclamation. Ci-dessous celle que j'ai fait parvenir hier à France Télépommes. Rrhho, j'avais les nerfs !!!

n° de la ligne concernée : XX XX XX XX XX

Madame, Monsieur,

Locataire depuis peu d’un appartement pourvu du confort moderne, j’ai décidé, il y a quelques jours, de souscrire un abonnement à vos services de téléphonie classique, lassée que j’étais de dépenser toutes mes économies dans mon forfait de téléphone mobile. Je me suis donc rendue, pleine de l’espoir d’avoir trouvé la solution à mes problèmes de communication, à l’agence commerciale la plus proche de mon nouveau domicile.

Fière de mon talent d’anticipation, j’arborais fièrement un justificatif de domicile et tout un tas d’autres pièces officielles, dont je savais qu’elles me seraient demandées par votre agent commercial.

En entrant dans le local, je fus satisfaite de constater que, pour un samedi après-midi, la moitié de la population de l’est parisien n’avait pas eu la même idée que moi et que seules deux personnes me précédaient dans la file d’attente. Cela ne m’a pas empêché d’attendre près de 35 minutes, avant qu’une impatience bien légitime ne me saisisse et que j’interpelle une employée qui regardait le plafond avec insistance depuis plus de 10 minutes. Quand elle m’eut assuré que son rôle ne consistait pas à agrémenter des locaux dénués de plantes vertes, elle consentit à s’occuper de mon cas.

Et c’est là que commença mon calvaire. Notre conversation tourna à l’orage quand elle me demanda si je pouvais lui fournir le nom du locataire précédent. Il me fallut puiser au plus profond de mon capital patience pour ne pas l’envoyer s’asseoir sur son stylo bic (du côté pointu, hein !) et lui indiquer que le gros cube qui ornait son bureau devait contenir, outre tout un tas de composants électroniques complètement superfétatoires, ce qu’on appelait communément une base de données et que cette dernière devait, utilisée à bon escient, pouvoir lui fournir l’information requise. J’eus droit, pour ma peine, à un regard de veau. Je décidai donc de téléphoner à mon agence immobilière, ce qui, pensé-je, serait forcément plus rapide que de donner à la pauvre chose un cours d’informatique.

Pas de bol, le brave Monsieur qui vivait là avant moi n’avait pas le téléphone ! La dame me signala qu’il faudra conséquemment faire intervenir un technicien pour procéder à ….. là je n’ai pas bien saisi la raison qu’elle m’avança, mais bref, il fallait à toute force faire venir quelqu’un chez moi. Re pas de bol, le quelqu’un en question travaillait aux même horaires que moi : du lundi au vendredi, de 8h à 18h, par tranche de 2 heures. Non, madame, je n’ai pas de concierge. Non, Madame, je ne peux pas poser de jours de congés comme ça, à brûle-pourpoint. Non, Madame, mes parents ne peuvent pas venir faire le pied de grue pour attendre votre technicien, puisqu’ils travaillent aussi. Non, Madame, je ne donnerai pas les clés de chez moi à mes voisins et ça n’a rien à voir avec le fait qu’ils aient un drôle de genre.

Impasse.

Bon, je vous passe la bidouille monumentale qu’il me fallut opérer, mais nous convînmes d’un rendez-vous le lundi 14 mars entre 16h et 18h. Et on m’attribua le numéro que vous trouverez en en-tête de la présente.

La semaine dernière, de retour au bureau, je décidai de profiter de ma pause déjeuner pour commander, sur votre site Internet, un appareil téléphonique de location, vu que, quand on dispose d’une ligne téléphonique, c’est quand même bien plus pratique d’avoir un téléphone pour téléphoner, non ?

Et là, re-re pas de bol. Pour pouvoir louer un téléphone, il faut renseigner un champs qui vous demande…. le montant de votre dernière facture France Télécom. Ou va se cacher le roi Ubu, je vous le demande ?! Pas de facture parce que pas de téléphone, mais pas de téléphone, parce que pas de facture…

Pas grave, me dis-je, je n’ai pas grand chose de plus excitant à faire que de retourner à l’agence commerciale samedi prochain…

Hier, le technicien, qui devait venir tripoter les prises à partir de 16h, m’a téléphoné sur mon portable vers 11h, pour me dire qu’il avait fini sa tournée et qu’il souhaitait passer immédiatement. Cela me pris environ 10 minutes pour lui faire comprendre que j’étais au bureau et que je ne pouvais en aucun cas accéder à sa demande. A la fin de cette conversation, je vérifiai machinalement de quel numéro il m’avait appelée…. C’était du mien !

Je me doute que la lecture de la présente vous sera fastidieuse et suis persuadée que rien n’y éveillera en vous le moindre intérêt : c’est en ça justement que réside l’apaisement de mon irritation. Je me dis que vous méritez bien, en juste retour des choses, de vous fader une lettre de réclamation de plus et je me réjouis à l’idée qu’il vous faudra me pondre une réponse. Et croyez-moi, c’est pas cher payé, en comparaison de ce que me coûtera ma toute première communication téléphonique (voir paragraphe précédent, suivez un peu, aussi hein !). Ceci-dit, et maintenant qu’on en parle, cette histoire m’aura permis de comprendre la raison pour laquelle France Telecom est l’entreprise la plus endettée du monde.

Je vous prie d’agréer, Madame, Monsieur, mes salutations lasses.

Des bises

Marie

Posté par mapril à 11:26 - Râlage - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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