Something about Marie

J'ai passé tout 2004 à polluer mon entourage de mes considérations oiseuses. 2005 est l'année de l'élargissement : je pollue la toile !

30 juillet 2005

Mum's back on the track

On a fait des bonds en se tenant les mains et on a rit HAHAHAHA, tête renversée et bouche bée. Puis, on a fabriqué une pizza géante qui ne tenait même pas dans le four, mais on ne l'a pas mangée parce que pendant qu'elle cuisait, on s'est gavés de smarties.
Bon, c'est sûr, il a fallu téléphoner à tout le monde pour dire que oui oui, tout va bien, il est là maintenant, la paire est reformée, on oublie qu'il est jamais parti.
Après, on a regardé deux fois d'affilée le dévédé de Tom et Jerry, juste pour insulter cette purée de souris qui pourrait tout de même se laisser bouffer de temps en temps. Et quand on en a eu marre, on a fait une course de voitures téléguidées partout dans la maison, même qu'il faisait exprès de me rouler dessus pour que je perde et que je faisais exprès de me laisser rouler dessus parce que j'aime ses yeux quand il gagne.
Quand les voisins ont cogné au plafond pour signifier que c'est bon maintenant, ça a assez duré votre bordel, on est partis, à la nuit tombante, se promener au bord du canal pour écouter les grenouilles. Il y en avait qui disaient : "ouétu ouétu ouétu" et on leur disait : "il est là, pas de souci, il est rentré et tout va bien".
A la fin, on était fatigués et ses sandales faisaient floc floc à cause des flaques de gadoue dans lesquelles on avait sauté. Il a grimpé sur mon dos et on est rentrés tranquillement chez nous, dans l'air vibrant de moustiques et sous les hourras des grenouilles.
Avant de que je ne tourne dans la grand-rue, il s'était endormi lourdement sur mon épaule. Mes bras se sont souvenu brutalement de leur dure condition de réceptacle à gros bébé.
Je l'ai couché dans mon lit, parce que cette nuit là, j'avais besoin de le regarder longuement marmonner, froncer les sourcils et rire en silence dans son sommeil.
En quelques minutes, il avait repris toute sa réalité et moi toute ma place. Le mois de juillet n'est plus qu'un vilain souvenir... jusqu'à l'année prochaine.

Des bises

Maman Marie

Posté par mapril à 22:25 - Le nanou - Commentaires [18] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


27 juillet 2005

Reconversion

Alors, ça va mieux, merci.
Mais je jure devant Dieu et Sa Sainte Garde que si on m'impose encore dans la même journée un contrôle d'identité effectué par un flic bègue, moustachu et sentant l'ail juste après le petit-déjeuner, une réunion de département dans le seul bâtiment non-climatisé du site à l'heure la plus chaude de la journée, l'annonce de la démission de R. qui passe à l'ennemi, le talon de mes escarpins fétiches qui foire sur le marbre de la Direction Générale et se fend par le milieu, les emmerdes de fric de l'hôte de ma tête, la caissière du Super-U qui me rend ma carte bleue en secouant négativement la tête alors que putain la paye c'est que dans deux jours, le super-sans-plomb étiqueté comme le diesel et dont j'ai rempli le réservoir de ma Clio... diesel au trois-quart, un dîner avec le loser qui me sert d'ex (hé, elle est pas de moi celle-là, c'est un bon ami qui en revendique la paternité), je m'arrange pour qu'il ne ressorte de mon bilan de compétence que les qualités requises pour me reconvertir en tueur psychopathe.

Et le premier qui doute que tout ça se soit déroulé dans une seule et même journée, me demandant de lui fournir toute preuve disponible, JE LUI PÈTE LES DENTS !!! On est bien d'accord ? Merci.

Des bises. Et puis non, tiens, pas de bise. Et toc !

Marie

Ta gueule, toi.

Posté par mapril à 23:38 - Râlage - Commentaires [19] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

25 juillet 2005

Ouh, qué sale bête !

J'ai incité Sandrine à écrire des grossièretés sur le tableau blanc du chef suprême, alors que j'avais remplacé les feutres effaçables à sec par des marqueurs permanents.
J'ai volé un papier à en-tête des ressources humaines pour envoyer un faux courrier à Jeanne, qui passe des plombes en coups de fils perso, lui indiquant qu'elle était redevable d'une note de téléphone d'un montant astronomique et que cette somme serait déduite de son prochain salaire.
Je n'ai pas dit à Fathia que sa serviette hygiénique, sous son pantalon moulant, se voyait comme le nez au milieu de la figure.
J'ai rempli le réservoir de la machine à expresso avec l'eau des toilettes quand Sophie m'a demandé de la rejoindre en réunion et d'en profiter pour lui apporter un café.
J'ai raconté à toute une tablée et d'une voix de stentor que Mélanie ne se lavait jamais les mains après avoir fait caca.
Je n'ai pas laissé les 9 messages urgents de son amoureux transi à Audrey.
J'ai fait croire à Nelly qu'elle était convoquée aux ressources humaines, en pleine période de remaniement du plan salaire.
J'ai refusé d'accompagner Céline chez le dentiste ; elle a dû y aller et en revenir à pieds, après une anesthésie et deux arrachages de dents de sagesse.
Tout ça en une journée. Il faut que mon fils revienne vite parce que je suis proche de la psychopathie...

Des bises, si si, approche, au début ça va piquer un peu mais tu ne sentiras rapidement plus rien...

Evil Marie

Posté par mapril à 16:57 - Je vais bien, tout va bien... - Commentaires [14] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

21 juillet 2005

Uncle Robert et Auntie Judith

Ça y est ; comme tous les ans à la même époque, il débarquent de Toronto et, comme tous les ans à la même époque, c'est moi qui m'y colle pour aller les chercher à Roissy et les déposer à leur hôtel. Ils descendent toujours au Royal Saint-Honoré, à quelques pas du Louvre où Tante Judith passe le plus clair de ses journées d'été.
Bien sur, leur avion a été retardé de plus de 3 heures. C'est rituel : j'arrive avec une demi-heure d'avance pour être sure qu'ils ne poireauteront pas (ils détestent poireauter) et leur avion est sytématiquement retardé. Mais le jour où j'anticiperai et où j'arriverai à la bourre, Uncle Rob, Auntie Jude, leur 5 insoulevables valises en shintz caca d'oie et une immense malle rouge vif m'attendront de pied ferme à la porte de débarquement.
Enfin, les voilà. Je me suis toujours demandé pourquoi, alors qu'ils sont indécemment riches, mon grand-oncle et ma grand-tante semblent se saper à l'Armée du Salut.
Tonton porte un improbable costume en Tergal qui bouloche ; dans les années soixante, il devait surement être kaki. La veste porte les reliefs du contenu de 3 plateaux repas gracieusement offerts par Air Canada ; Uncle Rob mange approximativement. Le pantalon lui donne l'air, lui qui est taillé comme Stan Laurel, d'avoir volé celui d'Oliver Hardy : il flotte autour de son immaculé mollet, laissant apparaître une cheville maigrichonne et éparsement poilue. Ses chaussettes sont faite d'une matière dont je te fiche mon billet qu'elle est hautement inflammable. Il a encore maigri depuis l'année dernière.
Ses lunettes (de la récup' aussi, hein, y'a pas de petites économies : monture en métal argenté et la barre noire en face des sourcils) sont posées très en haut d'un long nez busqué. Elles lui font de gros yeux globuleux et un regard de poisson mort. Deux énormes bouquets de poils sortent de chacune de ses oreilles, plantées à la perpendiculaire de ses grosses joues flasques. Il a la bouche molle et humide (deux petits filets blancs collent les commissures), les sourcils broussailleux et Méphistophéliques et le menton en galoche. Dieu me tripote, mais il s'est fait un fantastique comb-over ! Il l'a artistiquement plaqué de l'oreille gauche à l'oreille droite, formant un raie grasse et croûtée. Il serre contre sa poitrine sa légendaire mallette chirurgicale. Si tu es patient, je t'en parlerai plus loin.
Derrière lui, Auntie Judith est telle que je l'ai laissée l'année dernière. Même robe de polyester vert clair (elle la trainera tout l'été et ne la remplacera qu'en octobre pour une robe de laine vert foncé ; Tata est une monomaniaque du vert), même chignon riquiqui sur le sommet du crâne, mêmes sandales monacales, même pilosité faciale aussi rebelle qu'inconvenante (oui, Tata a du poil au menton et ça pique quand elle t'embrasse).
Nous empilons les 13,5 tonnes de valises sur un chariot à roulettes qui n'en demandait pas tant, puis dans ma voiture qui crie grâce et nous fonçons vers Paris.
Je connais si bien le rituel qui suivra notre arrivée à l'hôtel, que j'en frémis à l'avance. D'abord, il faudra de nouveau se fader les valises (et Tonton ne nous aidera pas à cause de son hernie discale). Puis, il faudra à toute vitesse monter le tout dans la chambre et procéder au
déballage du véhicule rouge cerise et de ses satellites sur le tapis. Mais cette année, j'ai droit à de l'innovation !
Fioles, tubes, bouteilles, thermomètres, poudres et pilules, se disputent la place avec les hardes multicolores sorties de chez le bon Abbé Pierre, les bouquins d'archéologie, les guides Michelin en prévision du prochain voyage culturel, et, à la place d'honneur, l'énorme balance numérique super-précise : il faut, m'explique Tata, qu'elle enregistre son poids au QUART d'once - condition essentielle et indispensable pour évaluer les progrès du régime prescrit par son Gourou chinois.
Oh ! C'est l'heure de la prise de température ! On sort le volumineux thermomètre buccal et un gros cahier à spirales. Peu importe ou l'on se trouve, dans le mall, au restaurant, à la poste. Selon les instructions du Gourou, la température est prise sans faute 4 fois par jour et le résultat est religieusement noté dans le cahier. Pas un bruit autorisé pendant l'opération, car le thermomètre émet un bip imperceptible au moment crucial où la température a atteint son maximum. Alors "Silence dans les rangs !". Le Gourou a declaré que Tantine avait une température basale insuffisante. Mais nous constatons que grâce au régime et aux potions prescrites, elle est en train de remonter courageusement de quelques dixièmes de degrés Fahrenheit, ce qui explique qu'elle se sente nettement mieux cette semaine. Sur le précieux registre, il y a aussi une colonne réservée aux "bowel movements". Exemple : "August 23rd. Bowel moved at 8:07am". Colonne suivante : " 22hours and 3mn after preceding bowel movement". Mais nous regrettons de devoir interrompre cette lecture édifiante, car il est l'heure de procéder à la 2e prise de température. Chut ! Prière d'attendre après le bip.
Pendant ce temps, On nous a servi le thé. Tonton
arrive au salon avec sa mallette médicale, la fameuse, et s'installe avec nous sur le canapé (pour regarder les dernières péripéties Londoniennes) tout en fouillant bruyamment dans ses maintes trousses bourrées d'instruments et de fioles dignes de la salle d'opération du Professeur Barnard. Il en sort un écheveau de soie dentaire qu'il dévide abondamment avec le geste large et noble de la Semeuse et en écartant bien les coudes, il passe le fil entre chaque molaire pour en faire sauter avec des "plocs" évocateurs les parcelles nauséabondes qui fusent de toute part et dans toutes les directions, telles les projectiles du malencontreux bus de Tavistock Place... D'ailleurs, sur l'écran de la télé, on ne sait plus les distinguer les uns des autres... Ne t'évanouis pas, ce n'est pas fini....si tu peux te retenir de vomir encore 5 secondes...
Cette cruciale opération terminée, l'oncle Robert sort de son sac noir l'instrument de métal muni d'une pointe de caoutchouc et qui est destiné à détacher la couche de "plaque dentaire" des gencives dans la plus stricte intimité. Malheureusement pour moi, toujours assise dans le canapé du salon, l'oncle Robert en a décidé autrement. Cette opération aussi efficace que délicate mérite, pour le moins, de faire l'objet de l'admiration générale - et mieux, d'une étude anthropologique : ainsi, nous avons droit au spectacle accompagné du grincement de chaque navette du caoutchouc sur la courbe du collet de chaque chicot, aller et retour, retour et aller, jusqu'à ce qu'enfin l'instrument chargé de son butin soit rejeté sans cérémonie et SANS NETTOYAGE au fond de la trousse noire. Puis on referme les trousses les unes après les autres avec grand fracas, comme les sas de la fusée lunaire et on replace la mallette bien en évidence sur la table basse avec la théiere, les tasses et les biscuits, en attendant la prochaine session. Mais non, ne t'impatiente pas : celle-ci aura lieu (sans merci) après la moindre ingestion de nourriture, fut-elle un scone ou un muffin.
Je te jure que je n'invente rien. Et j'aurai droit à ce spectacle 2 fois l'an, tous les ans, jusqu'à la fin des temps, parce qu'ils prennent tellement soin d'eux, Tonton et Tantine, qu'ils nous enterreront tous.

Des bises

Marie

Posté par mapril à 12:30 - Marie, sa vie, son oeuvre - Commentaires [20] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

19 juillet 2005

Cocktail

Quand, dans un shaker, on mélange un soleil de plomb sur une peau de rousse, beaucoup d'alcool, des tonnes de chocolat, beaucoup d'alcool, une énorme pizza aux pepperoni, un joli petit anglais qui fait la grève du rasoir, beaucoup d'alcool, très peu de sommeil, un beau-frère ivre qui vous maintient la tête dans le gazon sous prétexte de vous faire mourir de chatouilles, beaucoup d'alcool et un démaquillage plus qu'aléatoire pendant 5 jours, on obtient un cocktail détonnant : ma tête ce matin dans le miroir.
Entre les boutons et les tâches de rousseur, je pourrais presque jouer à relie-les-points et j'aimerais bien que les filles puissent se laisser pousser la barbe, tiens !

Vindiou, je déteste les retours...

Des bises, rhô, faites pas cette tête, c'est pas contagieux !

Marie

Posté par mapril à 12:08 - Râlage - Commentaires [11] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

12 juillet 2005

Blast from the past

Entrée de plein pied dans la phase du mois intitulée "au-point-où-j'en-suis-autant-être-à-découvert-pour-quelque-chose" (c'est, pour les curieux, celle qui vient juste après "quand-je-pense-qu'il-va-falloir-tenir-quatre-semaines-avec-cette-misère" et juste avant "dix-ans-de-ma-vie-pour-qu'ils-virent-ma-paye-une-deuxième-fois-par-erreur-c'est-au-moins-ce-qu'il-faudrait-pour-combler-le-trou"), j'avais traîné Marion ce midi, histoire de faire jouer, entre mon compte en banque et mon moral, les vases communicantes.
On a presque couru chez Indies, mon digne Prozac de substitution, siège de toutes mes folies financières et vestimentaires. Je n'ai pas eu besoin de farfouiller bien longtemps avant de tomber sur la robe de mes rêves. Un amour de petit chiffon de soie sauvage, un truc du style qui te caresse dans le sens des poils et qui te donne l'impression d'avoir été subitement réincarnée en Reine du Monde. Je l'ai laissée sur le portant, bien décidée à retourner la chercher quand je me serais assurée que le Malin n'avait pas pondu à mon attention, la paire de chaussures qui l'accompagneraient à merveille.
J'y étais très occupée, quand une voix du passé, à mi-chemin entre le canard poitrinaire et la poissonière du Vieux Port, m'a stoppée net. Du fond de la boutique, j'ai tout de suite su que c'était elle. L'insupportable pot-de-colle que mes très peu charitables amies et moi avions surnommée Pierre le Grand, rapport au vilain acné qui lui faisait comme autant de cicatrices de petite vérole. L'indécrottable première de la classe que nous martyrisions avec autant de plaisir que j'en éprouve de honte aujourd'hui. La malheureuse tête de turc de nos 16 ans, qui n'avait pour seul tort que d'être affublée des jambes les plus courtes de l'histoire de l'anatomie moderne, ce qui lui faisait un pot d'échappement étrangement près du gazon. Véronique, que nous avons torturée de bon coeur 3 années durant, sans qu'elle émette la moindre plainte.
Elle est sortie de la cabine d'essayage avant que je n'ai eu le temps de me planquer sous un portant. Plaf, nez à nez, qu'on est tombées. J'ai souri, un peu crispée, attendant l'aller-retour qu'elle aurait légitimement pu me coller, après toutes mes vilénies ; elle s'est jeté dans mes bras. Elle avait tout oublié. Bon, c'est sûr, ses jambes n'avaient pas poussé d'un centimètre en 15 ans ; mais elle avait fait table rase du passé, authentiquement persuadée qu'on était les meilleures amies du monde à l'époque.  Ça m'a fait chaud au coeur.
Sauf que quand les effusions sont retombées, je me suis rendu compte qu'elle portait MA robe. Et bien je vous jure qu'il m'a fallu une dose surhumaine de repentir et de charité chrétienne pour ne pas lui dire qu'elle lui allait comme des souliers vernis à un cul-de-jatte.

Des bises

Marie

Posté par mapril à 15:51 - Râlage - Commentaires [12] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

09 juillet 2005

Changement de point de vue

Début juillet, ils se donnaient rendez-vous à mi-chemin, sur le parking d'un restaurant, pour l'échange annuel des enfants.
Pendant des années, j'ai vu le sourire tremblant de ma mère, bras ballants, s'éloigner par la lunette arrière de la voiture. Premier jour des vacances, la peur panique de ma soeur à mes côtés, lutter contre mes larmes et imaginer celles de maman, le front appuyé sur son volant.
Pendant des années, j'ai attendu que ce temps passe, où je ne dépendrais plus d'un calendrier fixé en audience. 31 jours de juillet à rebours, 744 heures de manques et de frustrations, 45 384 minutes à se demander comment se déroule la vie qu'on a laissé derrière, 2 723 040 secondes à donner le change et à forcer son rire.
Pendant des années, ma mère m'a manqué à chaque instant. Et elle manquait tant à ma soeur, qu'elle me manquait doublement. Et ça rendait mon père tellement malheureux qu'elle me manquait triplement.
Pendant des années, je me suis juré que quand je prendrais le contrôle de mon existence, je ferais du mois de juillet une fête permanente.

J'ai déposé mon fils chez son père juste avant qu'ils ne partent pour l'aéroport. Il s'est retourné pour me voir par la lunette arrière et je suis restée les bras ballants. Puis, j'ai longuement pleuré, le front appuyé sur mon volant.
C'est toujours le mois de juillet. J'ai juste changé de point de vue.

Des bises

Marie

Posté par mapril à 21:56 - Marie, sa vie, son oeuvre - Commentaires [17] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

06 juillet 2005

Meutre de chambre close

Elle m'a réveillée en sursaut à quatre heures du matin. Elle tambourinait aux carreaux de ma chambre à grands coups de poings. J'ai fait mine de ne rien entendre et n'ai pas bougé d'un pouce. Ça l'a rendue furieuse ; elle a foncé sur le lit, hurlant dans mes oreilles, frappant mon front, mes joues et le gras de mes bras. J'ai remonté mon drap jusqu'au menton et plaqué mon oreiller sur ma tête, espérant qu'elle se découragerait et me laisserait finir ma nuit. C'était sans compter la pugnacité de cette méchante.
Pendant 20 minutes, je l'ai entendue tourner autour du lit, marmonnant des imprécations maléfiques et incompréhensibles, évidemment exaspérée par mon manque de réaction. Subitement, elle est passée à l'attaque. Elle s'est jetée sur moi comme une enragée et m'a mordue jusqu'au sang à plusieurs reprises. Puis, comme prise d'un remords aussi soudain que sa fureur, elle a passé sur mes plaies un peu de son remède anticoagulant.
A mon tour, la colère m'a saisie. Je me suis levée d'un bond, nue comme un ver et j'ai saisie la première massue improvisée qui me tombait sous la main : le dernier Télérama. Je l'ai poursuivie pendant plus d'un quart d'heure dans tout l'appartement, poussant des râles de haine pure. Nous nous somme arrêtées simultanément pour reprendre notre souffle et, alors qu'elle s'était appuyée, frêle et haletante, sur le mur immaculé de l'entrée, j'ai abattu mon arme. J'y ai mis tellement de force, sans doute mue par une colère aveugle, que ses tripes ont giclé sur près d'un mètre.
Sans l'ombre d'un remord pour mon crime, je suis retournée me coucher.

Ce matin, elle s'est rappelée à mon souvenir, la garce. Je suis pleine de boutons surinfectés et bonne pour lessiver le mur, encore couvert de son cadavre sanguinolant. Je hais ces putains de moustiques.

Des bises, mais ouille, vas-y doucement, ça picote ça picote...

Marie

Posté par mapril à 17:27 - Râlage - Commentaires [29] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

04 juillet 2005

Les juillettistes

Bon, voilà, c'est parti pour une autre saloperie de mois de juillet.
L'année dernière, pour m'éviter de devenir coconut, Marion et moi avons joué à tout un tas de petits jeux abrutis, concoctés par nos esprits malades.
Par exemple, pendant la pause déjeuner, on allait se garer sur le bord de la nationale, lunettes de soleil sur le nez et on visait les voitures qui passaient avec un sèche-cheveux. Juste voir la tête incrédule des conducteurs nous faisait littéralement pisser de rire.
On a aussi harcelé le chef de l'Audit Interne en laissant des messages à caractère pornographique sur sa boite vocale. Je n'ai jamais poussé autant de soupirs d'extase que l'année dernière au mois de juillet.
Et puis on attendait avec une impatience insoutenable que quelqu'un nous demande de faire quelque chose pour lui demander s'il (ou elle) voulait des frites avec ça. Ou un mars. Ou une pipe. Ça dépendait de l'interlocuteur.
Trois semaines durant, on a remplacé toutes les capsules de café par du déca et quand on a estimé que tout le monde s'était suffisamment habitué, on a tout changé pour du Ristretto. Le chef en a eu des tremblements irrépressibles pendant 3 jours.
Sandrine nous avait raconté que son mec, maladivement jaloux, vérifiait compulsivement ses talons de chèques. Alors Marion est allée chourrer son chéquier pendant qu'elle était en réunion et on en a subtilisé 2. Sur les talons, on a marqué "petites faveurs sexuelles" à la ligne objet.
Pendant toute une journée, j'ai finit toutes mes phrases par "c'est ce qu'a dit le prophète". Ce jour là, vers 17 heures, Marion a fait pipi dans sa culotte.
On a aussi eu une journée des démarches à la con, pompée sur le sketch hilarant des Monthy Python. Après, on a été convoquées à la médecine du travail.
Le samedi, on allait au marché et on arrêtait toutes les vieilles dames un peu mochingues pour leur demander si elles étaient mâles ou femelles. Et quand elles répondaient, on riaient tellement hystériquement qu'elles se sauvaient en trottinant.
Un soir, j'ai emmené Marion à l'Opéra Bastille écouter Le Cenerentola et j'ai chanté par dessus la soprano pendant tout le premier acte. Elle riait tellement qu'elle a ruiné une autre culotte.
Un dimanche, on a emmené sa nièce de 10 ans au zoo de Thoiry. Sur le parking, on s'est mises à courir comme des dératées en criant "sauvez-vous, sauvez-vous, ils s'échappent".
Pour se venger des deux culottes perdues, Marion s'est mise à hurler "j'ai gagné, j'ai gagné !!" à chaque fois que ses billets sortaient du distributeur automatique. Même à jeun, je vous jure, y'a de quoi se tordre.
Vers la fin du mois et malgré tout ça, j'étais au bord de la crise de nerf. Alors Marion a tendu des moustiquaires tout autour de mon bureau, elle a collé deux faux palmiers en carton-pâte au milieu de la pièce et m'a prêté son CD de Cocktail. C'est Kokomo qui m'a sauvé la vie.

Cette année, il va falloir faire fort...

Des bises

Marie

PS : hé, si vous avez quelques idées, hein, vous gênez pas, surtout !

Posté par mapril à 23:12 - Marie, sa vie, son oeuvre - Commentaires [23] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

03 juillet 2005

Alles hat ein Ende nur die Wurst hat zwei...

Ils devaient se douter que je n'y allais pas pour leur chanter des berceuses, alors ils m'ont organisé un séjour de prince arabe.
Une limousine m'attendait à l'aéroport, avec option chauffeur à casquette et vitres fumées. Je m'y suis mollement laissée conduire jusqu'à l'hôtel, lascive sur le cuir épais de la banquette arrière. Là, tout un tas de larbins endimanchés se sont battus, qui pour porter mes bagages, qui pour me conduire jusqu'à ma suite, qui pour arranger les fleurs sur le guéridon. Je ne sais pas ce qu'on leur avait raconté, mes j'ai eu droit au traitement le plus obséquieux de mon existence et on m'avait attribué l'appartement terrasse. Deux grands lits à baldaquins, de la moquette tellement épaisse qu'elle me chatouillait sous les bras, un bureau empire de 6 pieds de long, une salle de bain carrelée de faïence italienne du sol au plafond, un piano dans le salon et un balcon grand comme un terrain de foot.
J'ai commandé un petit-déjeuner gargantuesque au room-service, en attendant R. et Grand Chef, arrivés la veille et qui ne devaient passer me chercher qu'une heure plus tard.
Re-limousine, re-chauffeur à casquette, re-banquette arrière en cuir.
Je vous épargne le récit fastidieux de la réunion. Mais je peux vous dire que quand on est entrés dans la salle de conférence, Keanu Reaves et ses acolytes, à côté, ils auraient eu l'air de la Bande à Basile. Des tueurs, je vous dis. On en a fait de la semoule.
De retour à l'hôtel, Grand Chef nous a offert un dîner de gala, (très généreusement) arrosé des meilleurs vins à l'ouest du Mississippi. Puis, on s'est finis au vieil Armagnac et il a fallu que R. me porte jusqu'à mon lit. Et comme c'était un king size, il y est resté avec moi, histoire que je ne m'y perde pas.

Des bises

Marie

Posté par mapril à 01:46 - Commentaires [13] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
« Accueil  1