29 avril 2005
Adieu...ieu...ieu...ieu...
Sur les causes de justification :
Attendu qu'il reste 5 jours sur mon compteur de congés payés.
Attendu que ma tension artérielle se tire la bourre avec mon compte en banque au jeu de celui qui touchera le fond le premier.
Attendu qu'encore un peu et j'emplafonne tout ce qui bouge dans la partie supérieure de l'organigramme.
Attendu que la dernière fois que j'ai vu la mer, c'était du dessus, en avion.
Attendu que la fois d'avant, c'était du dessous en Eurostar.
Attendu que la dernière fois que j'ai vu l'Océan Atlantique, j'étais enceinte et que le principal responsable de cet état avait osé une comparaison blessante avec les mammifères marins de plus de 100 tonnes.
Attendu que j'attends comme le messie l'occasion de mettre plus de 9 départements entre le père de mon fils et moi.
Le Conseil de vacances, statuant contradictoirement,
déclare Marie innocente des faits mis à sa charge;
la condamne à 10 jours ouvrés de villégiature chez son papa à Pau;
condamne ses fidèles à la retrouver le lundi 9 mai, bronzée, détendue et heureuse.
Des bises, mvout mvout mvout (c'est le bruit des bises)
Marie
Ah, oui, j'oubliais : là où je vais, comme dirais l'autre, c'est la préhistoire crasse : pas d'ordi, pas d'internet, pas de télé, pas de radio, à peine un tourne-disque. C'est donc un vrai silence radio jusqu'au 9, hein...
Cheveux au vent
Grace à la Milousette, j’ai mis le doigt sur ce qui me manquait…
The morning sun touched lightly on
the eyes of Lucy Jordan
In a white suburban bedroom
in a white suburban town
And she lay there neath the covers
dreaming of a thousand lovers
til the world turned to orange
and the room went spinning round
At the age of 37
she realized she'd never ride
through Paris in a sports car
with the warm wind in her hair
So she let the phone keep ringing
as she sat there softly singing
pretty nursery rhymes she'd memorized
in her Daddy's easy chair
Her husband he's off to work
and the kids are off to school
and there were oh so many ways
for her to spend her days
She could clean the house for hours
or rearrange the flowers
or run naked through the shady street
screaming all the way
At the age of 37
she realized she'd never ride
through Paris in a sports car
with the warm wind in her hair
So she let the phone keep ringing
as she sat there softly singing
pretty nursery rhymes she'd memorized
in her Daddy's easy chair
The evening sun touched gently on
the eyes of Lucy Jordan
on the rooftop where she climbed
when all the laughter grew too loud
And she bowed and curtsied to the man
who reached and offered her his hand
and he led her down to the long white car
that waited past the crowd
At the age of 37
she knew she'd found forever
as she rode along through Paris
with the warm wind in her hair
Quand j’avais 15 ans, j’écoutais cette chanson de Marianne Faithfull en boucle, à demi consciente qu’elle finirait, à quelques mots près, par me coller tout à fait à la peau.
Des bises
Marie Jordan
28 avril 2005
Tu dis Coué toué ? Bon, je sais, c'est la deuxième fois que je la sors, mais je fais ce que je veux, c'est MON blog !
Nouvel accès de rage destructrice. Y'm'énerve, y'm'énerve, y'm'énerve !!! J'ai envie de tout casser et heureusement que mon Jiminy Crickett perso me retient par la frange, sinnon j'aurais à répondre d'un meutre sordide. Chacun son destin, qu'il disait, l'autre. Le mien serait-il de subir les crises de nimportenawak de ce taré de sa mère ?
Alors voilà : après 72 heures de relatif bien-être, je me retrouve en position foetale, me balançant mentalement pour retrouver un semblant de calme intérieur.
[...] Là où il y a la haine, que je mette l’amour;
là où il y a l’offense, que je mette le pardon;
là où il y a le doute, que je mette la foi;
là où il y a le désespoir, que je mette la confiance;
là où il y a la tristesse, que je mette la joie;
là où il y a l’obscurité, que je mette la lumière;
[...] que je ne cherche pas tant
d’être consolé que de consoler,
d’être compris que de comprendre,
d’être aimé que d’aimer
car c’est en me donnant que je recevrai;
c’est en pardonnant que je serai pardonné;
c’est en mourant que je naîtrai à la vie éternelle.
Copyright Saint François d'Assise
Des bises
Marie
27 avril 2005
Marie avec des vrai morceaux de warrior dedans
Tenaillée par la culpabilité et, un peu aussi - il faut l'avouer- par le fait que la totalité du contenu de ma garde-robe semble subitement avoir retréci d'une taille, je suis allée à la salle de sport hier soir. Je n'y avais pas fichu les baskets depuis la puberté de Léon Zitrone et il a fallu que je bataille ferme avec l'espèce de poupée gonflée de l'accueil pour qu'elle comprenne que l'adolescente athlétique de la photo de ma carte d'abonnée et moi n'étions qu'une seule et même personne.
J'ai jeté mon dévolu sur un cours de body combat. Rien que l'idée de défoncer, au moins mentalement, la tronche et les dents de toute une bande constituée de chefs cyclothymiques, d'éjaculateurs précoces, d'ex débilo-sadiques et de webmestres incompétents de site des impôts, m'a fait un bien fou. Pif paf, coupd'pied coup d'poing, rhhhaaaa, ç'allait être bon !!
Et ce le fût. Aah, vous ne sauriez à quel point ! J'ai enfoncé des nez, arraché des oreilles, crevé des yeux, aplati des cranes pendant 45 minutes en poussant des han de bucheron. Echevelée, rouge comme la braise et toute droguée d'endorphine, j'ai lessivé le reste de ma frustration dans le hammam. Aujourd'hui, c'est une femme neuve qui vous parle. J'ai même laissé R. me tripoter le genou pendant le staff meeting et je considèrerais peut-être la possibilité de réfléchir à l'éventualité de lui accorder une seconde chance. Mais il faudra qu'il soit trrrrrès gentil.
Des bises
Marie
26 avril 2005
Wambam, thank you Ma'am !
La soirée avait commencé plutôt calmement. Marion, tout juste revenue du Mexique, avait débarqué sur les coups de 22 heures avec, dans sa besace, assez de Tequila pour assommer la totalité des Haras Nationaux. Sarah McLoughlin susurrait Black Bird en boucle.
On n'entendait au loin, sur la table basse et sous les lumières tamisées, que le bruit des petits verres vides qui frappaient en cadence le bois verni.
Puis tout s'est enchaîné à une vitesse folle : le coup de fil de R., tout kinky et prêt à tout pour s'en payer une bonne tranche ; le collage de Marion dans un taxi ; le débarrassage des cadavres en tout genre ; le retapage de Marie, que deux heures de beuverie intensive avaient quelque peu ramollie et, enfin, l'arrivée triomphante d'un R. qui n'a pas attendu que la porte soit fermée derrière lui pour m'arracher mes vêtements.
Yiihaaa, me dis-je in petto, la voilà ma folle nuit d'amûûûûr.
Que dalle ! Ça a duré 12 minutes chrono, préliminaires compris. Puis il a roulé sur le côté et a ronflé jusqu'au lendemain. Fin d'un mythe.
Des bises
Marie
25 avril 2005
in-satisfecit
Il manque un truc. Il y a comme une vide, là.
Là, juste là, tu vois ? Attends, je te montre. Voilà. Eh bien, c'est là qu'il me manque un truc. Non, je ne sais pas quoi comme truc, sinon, j'aurais tôt fait de l'y remettre. Je sais juste qu'il manque, c'est tout.
Ca fait comme quand on quitte la maison pour un long voyage avec la sensation d'oublier quelque chose de primordial. Alors on vérifie, Passport-money-ticket, mais on a tout et la sensation reste.
Là, c'est pareil, j'ai fait un check : Nathasamère - c'est le plus beau ; estomac - rempli jusqu'à la gueule ; poumons - nicotinisés, plus je suis bleue ; sexe - ça va merci, est-ce-que je te demande des nouvelles de ton transit, moi ? ; Compte en banque - contenu transféré directement chez H&M. Non, vraiment, je ne vois pas ce qui peut bien manquer. Et pourtant ça manque, c'est sur. Ca manque tellement que m'en voilà toute ralentie et molle, la lippe boudeuse.
Je traîne ce vide comme un boulet, de bureau en cantine, de cantine en réunion et rien ne me déride. Même pas R. et ses pitreries de dessous de table. Même pas Marion et sa promesse de Midnight Margaritas session pour ce soir. Même pas le compte-rendu dithyrambique (et même pas la fierté de savoir orthographier ce mot à la con) de mon évaluation annuelle, déposé ce matin sur mon bureau par le chef suprême. Même pas la perspective d'aller passer quelques jours de vacances à Pau chez mon papa.
Non, décidément, il manque un truc.
Des bises
Marie
22 avril 2005
Appel à témoin
Si l'un d'entre vous a compris à quoi sert cette bon sang de bonsoir de boite bleue dans Mulholland Drive, je tiens à sa disposition toute mon estime et monn admiration ainsi qu'un grande boite chronopost de bisous, ayant très peu servi.
Des bises
Marie
Avis à la population :
En raison de la nature instable de notre caractère et du risque conséquent de manifestations de violence pure qu'encourerait tout contrevenant au présent avis, les questions et allégations listées ci-dessous deviennent, à compter de ce jour, passibles de sanctions allant du retourne-chez-ta-mère au Ura mawashi Geri*. Nous attirons l'attention sur le coefficient figurant en marge de chacune des saillies prohibées et qui doit permettre au violateur de se faire une idée plus précise de ce qui va lui tomber sur le coin de la gueule. La liset ci-dessous dressée est non-exhaustive et nous nuos réservons le droit de la modifier et/ou de la compléter à tout moment.
- T'as pas un peu grossi (5)
- Quand vas-tu refaire ta vie ? (10)
- D'habitude j'aime ça, mais là, ça a un drôle de goût (2)
- Tu roules trop vite (2)
- Comment tu fais pour te moucher avec ton piercing ? (10)
- Ah, t'es canadienne ? C'est marrant t'as pas l'accent ! + toute imitation plus ou moins réussie de Céline Dion (10)
- Fais pas ta blonde (10)
- T'as pas envie de refaire ta vie ? (10)
- Tu fumes trop, toi (5)
- Et lui, là, il ne te plait pas ? (5)
- Oh, c'est pas commun comme prénom ! (10)
- Mais tu ne vas tout de même pas finir ta vie toute seule, non ? (1500)
Des bises
Marie
* : coup de pied fouetté avec rotation du corps en sens inverse
21 avril 2005
Marie au meilleur de sa forme
Lundi, 19h, douze kilos de pubs encombrent ma boite aux lettres ; je les jette rageusement dans la grande poubelle du hall... et mes clés de voiture avec.
Lundi, 19h30, le téléphone sonne. Le père du Nathasamère veut parler à son fiston qui fait le sous-marin jaune dans son bain. J'enjambe la montagne de fringues qui jonchent le sol, me prends les pieds dans le porte-serviette et atterris sur les genoux. Plonk, fait le téléphone en touchant le fond de la baignoire.
Lundi, 19h35, les haricots verts finissent de brûler dans la casserole.
Mardi, 8h10, le Nathasamère se lève pour un pipi du matin. Il me faut 45 secondes pour réaliser qu'il n'y a qu'un dimanche par semaine et que si le réveil n'a pas sonné, c'est parce que j'ai oublié de le programmer hier soir.
Mardi, 8h45, je sors en trombe de la voiture pour larguer Le Nathasamère, chaussettes déparaillées et une crête verticale du côté droit de la tête, à l'école. Je vais pouvoir rassurer les ingénieurs de Renault : le système de verrouillage automatique des portières fonctionne à la perfection, y compris quand les clés (qu'il m'a fallu 20 minutes de spéléologie pour récupérer hier soir) sont restées sur le tableau de bord et que le moteur tourne.
Mardi, 9h50, je me précipite, avec 35 minutes de retard en salle de réunion. Il n'y a plus de siège libre, je sors en chercher une à côté, je dégomme deux trois têtes au passage, rien de grave ils étaient déjà moches au départ. Je note bien quelques regards étonnés, mais je mets ça sur le compte de mon arrivée théâtrale. C'est après de 20 bonnes minutes à essayer de comprendre le sujet de la discussion que l'évidence me frappe entre les deux yeux : je me suis plantée de salle de réunion.
Mardi, 14h, ma secrétaire m'apporte les cartes d'anniversaire de R. et de M. pour que je les signe et me demande de faire passer au prochain quand j'aurai fini. Je machônne mon bic pendant 10 longues minutes, je finis par pondre un truc d'une banalité affligeante et je fais passer le tout... à R., qui, pas plus frais que moi, laisse un message très drôle sur sa propre carte.
Mardi, 19h, je tente de payer mes courses chez Auch(i)an(t) avec ma carte vitale. Ca ne fait même pas rire la caissière.
Mercredi, 12h30, mon chef m'interpelle au milieu d'une cantine bondée alors que je tente de me frayer un chemin vers la seule place disponible. J'opère une brusque volte-face et laisse derrière moi tout le contenu de mon plateau, qui se fracasse bruyamment sur le carrelage.
Mercredi, 12h31, je tente de ramasser les gros morceaux et, parce que mes talons ne me permettent pas la position accroupie prolongée, je pose un genou... en plein milieu de mon assiette de lasagnes.
Jeudi, 7h45, lancée à corps perdu dans une mission brushing de la dernière chance, je peine depuis 15 minutes sur l'arrière de mon crâne. Très occupée à obtenir de mes bras qu'ils plient dans l'autre sens pour que la brosse puisse glisser jusqu'au bout de la mèche, j'oriente malencontreusement le ventilateur du sechoir dans le mauvais sens et j'entends dans un bruit déchirant un énorme paquet de cheveux s'y coincer. Je suis bonne pour le dégradé maison.
Jeudi, 9h, petit-déjeuner de bienvenue pour un nouveau membre de l'équipe. Je suis supposée prendre la parole devant tout le monde pour lui dire qu'on est bien content qu'il soit là, mais j'ai la bouche pleine d'une excellente brioche au sucre. J'avale tout rond en oubliant un tout petit grain de sucre, qui n'oublie pas, lui, de se coller sur ma trachée dès que je prend une inspiration pour commencer mon discours. Je reste bloquée en position bouche ouverte, je râle, je tousse, je crâche, je suis rouge et bleue, je veux quand même parler, je fais une bulle avec mon nez. Et je perds les quelques centièmes de crédibilité qui me restait auprès de l'équipe.
A part ça, ça va mieux, merci, mais j'ai un peu hâte d'être décédée, quand même.
Des bises
Marie
20 avril 2005
Lost in transition
Rien ne bruisse ; la catastrophe est tapie dans l'ombre. J'ignore d'où me vient cette intuition, mais je sais que quelque chose de monstrueux se profile, qui va fondre sur moi comme le fauve sur le martyr. Pourtant je ne puis que rester là, bouche bée, prise dans une grosse gangue de gelée collante.
Je reconnais le goût acide de la peur sous ma langue ; je devine sa griffe glacée sur mon échine. Elle a posé ses mains lourdes sur ma poitrine et pèse de tout son poids, à contre-rythme de ma respiration. Recroquevillée, la tête entre les genoux, j'essaye de deviner, malgré le voile cotonneux de la terreur, quel pan de ma vie s'effondrera en premier.
Dans ma tête règne le silence opressant du champs de bataille avant l'assaut. Je sais déjà que les coups vont pleuvoir comme à Gravelotte et je me demande ce que je redoute le plus, de cette angoissante phase de transition ou de la violence de l'attaque qui suivra.
Des bises
Marie